Chez les professionnels de l’accompagnement, il est souvent question de posture, d’écoute, en évoquant une nécessaire “neutralité bienveillante”.
L’approche systémique questionne cette posture de neutralité, tout étant en permanence affaire d’inévitables interactions et interprétations. Plutôt que de tenter de se contraindre à une neutralité illusoire, du moins sur plan émotionnel, la systémique invite à mobiliser sa subjectivité au service de la relation avec l’accompagné(e).
la posture de « neutralité bienveillante » qui est celle du coach l’empêche de se placer clairement d’un côté ou de l’autre, entretenant l’illusion que sa place de tiers lui donne une vue objective de la situation : en dehors de tout lien, de tout système, sauf sa conscience morale.
Non, le coaching n’est pas un humanisme
Laurence Moryoussef, François Klein
Tout ce qui se passe dans la relation, par exemple l’atteinte au cadre, tout ce que si se joue pour l’accompagnant, émotion, idée, image, est considéré comme de l’information. Charge à l’accompagnant de développer la sensibilité de ses capteurs et la capacité à utiliser stratégiquement ces signaux faibles.
C’est pourquoi, quand nous sommes dans une relation de psychothérapie ou de relation d’aide et que nous vivons quelque chose qui nous sort de notre neutralité bienveillante, il me semble important de nous demander, non seulement à quoi cela nous renvoie, mais également quelle est l’utilité pour les croyances profondes de l’autre que nous vivions cela. 4
Mony Elkaïm
Il s’agira en particulier de prendre soin de distinguer interprétation et hypothèse.
Si je n’ignore pas ce qui se passe en moi, si je suis attentif à mes associations, curieux de ce que je me dis, je vais distinguer des possibilités de contradictions, dissonances, tensions dans le récit de l’autre.
Charge à moi de ne pas lui imposer une interprétation, c-à-d mon histoire, mais de détecter l’opportunité de lui proposer des hypothèses.
Le danger étant de « tomber amoureux” de ses hypothèses, il convient que je sois prêt à ce qu’elles soient rejetées par le/la client(e).
Le cas échéant, je m’en réjouis. Tout en nourrissant la co-construction, j’en aurais appris un peu plus sur le monde intérieur de l’autre.
Si en revanche, mon hypothèse lui ouvre une piste de réflexion nouvelle, tant mieux ! Ça ne veut cependant pas dire que j’ai “raison”, que mon hypothèse est “vraie”, simplement qu’elle met la personne en travail sur sa situation…
Dans les deux cas, en m’appuyant sur ma subjectivité, je mets ma posture d’accompagnement au service de ma/mon client(e) …
Pour approfondir, voir par exemple le travail de Mony Elkaïm autour du concept de résonance ou celui de Guy Ausloos sur la Méchante Connotation Positive…
Voir aussi les articles congruence et 36 solutions ! sur ce blog.
Image par 👀 Mabel Amber, who will one day de Pixabay