Améliorez votre pratique d’accompagnement : 4 pièges à éviter

L’accompagnement, c’est comme le yoga : on croit maîtriser la posture… jusqu’à ce qu’un participant se mette à chanter My Way en plein atelier.

Les équipes qui résistent comme des ados devant une assiette de brocolis. Les Product Owners et leurs stakeholders qui communiquent comme deux chats par-dessus une clôture. Ce moment magique où, après trois mois de labeur, tout s’effondre dès qu’on tourne le dos — comme si on était le seul rempart entre eux et le chaos.

Ces pièges, j’y suis tombé, dans tous !
Parfois en tant que victime, souvent en tant que complice malgré moi.

Alors voici mes 4 pièges préférés, ceux qui m’ont finalement aider à comprendre que le chemin, c’est de cesser d’être le problème pour contribuer (un peu) à la solution.

Et la manière dont notre formation à l’approche systémique guide ce cheminent à l’aide de la boussole du Carré Magique Systémique®


Piège 1 — Le participant qui chante

Vous animez un atelier. Un participant se met à chanter.

Pas discrètement. Pas une blague. Il chante. Pendant votre intervention.

Votre cerveau explose en simultané : → « Il est fou ou quoi ? » → « Il fait exprès pour saboter ? » → « J’ai l’air de quoi là ? » → « Je dois le recadrer mais sans m’énerver… »

Vous êtes en train de vous raconter une histoire (il m’en veut / il teste / il provoque) et cette histoire va déterminer votre réaction.

Sauf que… c’est VOTRE histoire. Pas forcément la sienne.

🔺La question systémique :
« Qu’est-ce qui, dans le contexte de cet atelier, compte tenu de SES enjeux, rend ce comportement logique pour lui ? »

Pas : « Comment le faire taire ? » Pas : « Pourquoi il me fait ça à MOI ? »

Juste : quel contexte produit cela ?

On forme à ce regard-là. Pas pour devenir zen face à l’absurde.
Mais pour ne pas porter seul des contradictions qui appartiennent au collectif.

On forme à développer sa conscience de soi dans le jeu relationnel, à détecter les signaux faibles de notre expérience subjective pour les mettre au service de l’accompagnement

Piège 2 — L’équipe qui ne veut rien

Vous accompagnez une équipe pour améliorer sa coopération.

Séance 1 : Ils se plaignent de la direction.
Séance 2 : Ils attendent vos conseils magiques pour faire changer la direction.
Séance 3 : Vous proposez qu’ils décident d’un premier petit pas d’amélioration.
Séance 4 : Silence radio.

Conclusion : « Ils ne veulent pas prendre leurs responsabilités. »

Super. Et maintenant ?

Vous allez les « responsabiliser » plus fort ?
Les secouer avec un « atelier participatif confrontant » ?
Leur réexpliquer que c’est pour leur bien ?

Si vous pensez que le problème c’est « eux qui ne veulent pas », vous venez de vous mettre dans une position où vous ne pouvez rien faire. Eux seuls ont la clé.

🔺La question systémique : 
« Quelle place j’occupe dans ce système ?
Et qui me l’a donnée ? »

Arrêtez de regarder ce qu’ils ne font pas, et regardez ce que vous faites avec eux.

Peut-être que vous êtes devenu·e, sans le vouloir, le « réparateur officiel » de l’équipe envoyé par la direction.
Peut-être que l’équipe a très bien compris que dire NON (par le silence) est la meilleure façon de conserver le statu quo.
Peut-être que de leur point de vue c’est la moins mauvaise situation ?

Et peut-être que votre insistance à vouloir les faire bouger fait partie du problème.

On ne résout pas ça avec un outil d’animation de plus.
On peut faire évoluer ça en élargissant le regard sur sa propre posture.

On forme à ce regard-là.
On forme à développer la lucidité sur les jeux entre les acteurs et la place qu’on y occupe.
Pour ne plus les subir

les 4 quadrants du CMS

Piège 3 — Simon et la PO autonome

Simon : « Je veux juste apporter des infos complémentaires pour t’aider. »

PO : « On a bien pris en compte les éléments principaux. »

Simon (𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑎 𝑡𝑒̂𝑡𝑒) : Elle refuse mon expertise, elle n’anticipe pas assez.

PO (𝑑𝑎𝑛𝑠 𝑠𝑎 𝑡𝑒̂𝑡𝑒) : Il me flique, il me fait pas confiance.

Résultat : projet en retard, tension qui monte, réunions inutiles.

Vous connaissez cette partie de ping-pong pourri ?

Chacun dit des trucs gentils.

Chacun pense des trucs violents.

Personne ne parle de ce qui fâche.

Et tout le monde joue à

« 𝑗𝑒 𝑛𝑒 𝑡𝑒 𝑑𝑖𝑠 𝑝𝑎𝑠 𝑣𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑐𝑒 𝑞𝑢𝑒 𝑗𝑒 𝑣𝑒𝑢𝑥 / 𝑡𝑟𝑒̀𝑠 𝑏𝑖𝑒𝑛 𝑗𝑒 𝑟𝑒𝑓𝑢𝑠𝑒 𝑝𝑎𝑠 𝑣𝑟𝑎𝑖𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑛𝑜𝑛 𝑝𝑙𝑢𝑠 »
— (merci Dick Fisch, CTB Palo Alto).

Le truc marrant (façon de parler) :
Ce qui bloque, c’est pas Simon.
C’est pas la PO non plus.

🔺C’est l𝐚 𝐑𝐄𝐆𝐋𝐄 𝐈𝐌𝐏𝐋𝐈𝐂𝐈𝐓𝐄 𝐝𝐮 𝐣𝐞𝐮 :
« On ne parle pas directement de ce qui fâche. »

Et tant que personne ne pose sa raquette, ça continue à échanger des balles.

Avec Marc BRUNET 🐬, on forme à repérer ces jeux-là.
Et à arrêter d’y jouer.

On forme les accompagnants en organisation
à ne pas tomber eux aussi dans le piège de la communication,
à décoder les règles implicites,
et savoir faire évoluer la situation à partir des relations.

Piège 4 — Le chien de berger

Consultant ou chien de berger ?

Il accompagne deux équipes pour “fluidifier leur collaboration”.

Pendant 3 mois : ateliers, alignement, progrès visibles.

Un jour il est absent.

Pas de chance, c’est une journée de présentation au directeur.

Tout se délite.

Désalignement complet.

Réponses contradictoires des deux équipes.

Ambiance tendue.

Demande d’explication par le commanditaire.

Il se dit : « Quand je pars, tout se casse la gueule. »

Frustration ? Oui.

Mais surtout : piège !

En supervision, l’image lui vient :

« 𝐽’𝑒́𝑡𝑎𝑖𝑠 𝑙𝑒 𝑐ℎ𝑖𝑒𝑛 𝑑𝑒 𝑏𝑒𝑟𝑔𝑒𝑟. 𝐽𝑒 𝑟𝑎𝑚𝑒𝑛𝑎𝑖𝑠 𝑡𝑜𝑢𝑡 𝑙𝑒 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒 𝑎𝑢 𝑐𝑒𝑛𝑡𝑟𝑒. »

Empêchant ainsi les équipes de développer leur propre responsabilité.

Jouant, sans s’en rendre compte, le rôle de « petit chef par procuration » du directeur.

Un rôle accepté inconsciemment.

🔺La question systémique :
« En quoi ma présence contribue-t-elle au problème que je suis censé(e) résoudre ? »

Pas pour se flageller.

Pour retrouver des marges de manœuvre.

Parce que si vous pensez que tout repose sur vous, vous êtes coincé(e).

Si vous prenez votre part (juste votre part), vous pouvez bouger.

On forme à ça : 

Comment faire évoluer  les relations entre équipes sans devenir le chien de berger ? 

Comment éviter piège que les équipes et leur direction nous tendent et se donner des marges de manoeuvres ?

📌 Pour retrouver de la puissance.


Alors, dans quel piège vous êtes-vous tombé cette semaine ?

Un piège à ajouter à la liste ? Un cas désespéré à partager ?

Les commentaires sont votre groupe de parole.


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Ces pièges, on les traverse tous. La bonne nouvelle ?
Ce ne sont pas des échecs, mais des signaux.
Des opportunités pour ajuster sa posture, rire de soi, et finalement… mieux accompagner.

Pour éviter les pièges de l’accompagnant(e) sans finir en burn-out ou en cynique aigri.

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  • Désamorcer les pièges avant de s’y retrouver coincés.
  • Transformer les tensions en matière première (oui, c’est possible).
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Photo de Jim (Jimothy) Natanauan: https://www.pexels.com/fr-fr/photo/ours-en-cage-au-parc-aux-ours-de-noboribetsu-japon-20612303/

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