Le modèle de « Ker-Bruges »

Le jeudi 12 mai, j’ai présenté ma conférence « le modèle de Ker-Bruges » au Printemps Agile 2022 de Caen.

Centre de congrès à Caen

Proposer aux transformations agiles de s’inspirer des thérapies brèves

L’intention de cette conférence a émergé à la croisée de deux réflexions :

  • La lecture du livre très inspirant « Alliance thérapeutique et Thérapies brèves – Le modèle de Bruges » de Luc Isebaert avec Marie-Christine Cabié et Hélène Delluci;
Le modèle de Bruges
Inviting Leadership

J’invite ainsi les acteurs transformations agiles, et plus largement des changements en entreprise à s’inspirer des thérapies brèves :

  • en s’appuyant sur une alliance avec les parties prenantes;
  • en adoptant une démarche basée sur la co-expertise.

Cet article présente quelques points-clés de cette conférence…

Une démarche de changement basée sur l’Alliance

Le modèle de Bruges propose le développement de la résilience comme finalité de l’accompagnement.

Résilience: Capacité à développer les forces nécessaires pour affronter les défis de la vie »

Modèle de Bruges

Le modèle de Bruges, issu des thérapies brèves systémiques et contextuelles, se base sur les méta-analyses effectuées sur l’efficacité de différentes thérapies pour mettre au premier plan l‘alliance entre l’accompagnateur et son client. Dans les 40 pages de la post-face du livre, Barry L Duncan démontre que ce qui fait avant toute chose, et bien plus que l’outil et la technique, l’efficacité de l’accompagnement, c’est l’alliance.

Elle se construit à partir de l’accord sur :

  • les objectifs exprimés par le client;
  • la manière de mener le changement proposée par l’accompagnateur;
  • le modèle théorique proposé par l’accompagnateur qui aide, non pas à garantir le changement, mais à CROIRE qu’un changement est possible.

Cette alliance fonde la base d’une relation de co-expertise entre client et accompagnateur :

  • L’accompagnant est l’expert pour le modèle théorique et pour le processus d’accompagnement;
  • Le client est l’expert pour les objectifs, les choix, les ressources. Il conserve sa liberté de choisir, c’est un positionnement éthique assumé.

Comme le suggère aussi la proposition de code d’éthique de l’Agile Alliance, les agilistes pourraient chercher davantage à construire cette co-expertise plutôt que d’imposer des solutions toutes faites :

Je travaillerai avec le client pour comprendre ses besoins
plutôt que d’imposer ma propre solution.

Code d’éthique de l’Agile Alliance

Changer ? Développer des habitudes préférées

Le modèle de Bruges propose le modèle des habitudes pour soutenir le changement. Il s’agit d’accompagner nos clients à développer des habitudes préférées pour remplacer des habitudes existantes et non souhaitées.

Le modèle des habitudes

Distinguer les types de relations

Co-construire le changement, ça commence dès la prise de contact, en prenant en compte le type de demande du client qui conditionnera le type de relation que l’accompagnement développera pour nourrir l’alliance.

François Balta a développé la typologie des demandes proposée par le modèle de Bruges, en la comparant à celle de Steve de Shazer, pour aboutir enfin à sa propre nomenclature. Lors d’un séminaire, Kervin Kuerny a proposé de renommer ces 4 types, les « 4D »…

Différencier les demandes

Vous pouvez retrouver une description de ces types de relation dans deux articles sur ce site :

Le modèle de l’intelligence coopérative

Dans un milieu professionnel où se combinent pression du temps et turbulences de l’environnement, il est de plus en plus souligné l’importance de l’intelligence émotionnelle dans les compétences nécessaires à la performance.

Les anglo-saxons parlent d’EQ ou Quotient émotionnel pour évaluer l’intelligence émotionnelle d’un individu. Par extension, ils utilisent le terme WeQ pour désigner le quotient émotionnel d’une équipe, participant à son intelligence collective.

En étendant le modèle des habitudes présenté plus haut à un collectif, je propose 3 pistes de développement de ce que je nomme l’intelligence coopérative d’un groupe, c-à-d sa capacité à mobiliser son intelligence collective au service d’une œuvre commune.

Intelligence coopérative :

capacité à mobiliser l’intelligence collective d’une équipe au service d’une œuvre commune

Le développement de l’intelligence coopérative s’effectue au sein d’un contexte spécifique, en tenant compte de ses contraintes, et comprend trois dimensions :

  • la dimension émotionnelle (ce que l’équipe ressent, par exemple son indice de sécurité psychologique, cf. les travaux d’Amy Edmondson et le projet Aristote chez Google)
  • la dimension comportementale, comment l’équipe agit pour produire de la valeur dans l’incertitude ( ce que l’on peut nommer « agilité »)
  • la dimension cognitive, ce que l’équipe partage comme valeurs, comme croyances, comme modèles mentaux…
De l’individu au collectif

Voici un exemple de ce modèle illustré par une cartographie des sujets présentés lors de la conférence Agile Niort 2022 : chaque sujet a été affecté à une dimension du modèle.

Intelligence coopérative

Il s’agit donc d’adopter une démarche de co-construction basée sur l’Alliance, se déclinant sur les trois dimensions de l’intelligence coopérative afin de développer et d’entretenir la capacité de résilience du collectif, c-àd : sa « capacité à développer les forces nécessaires pour affronter les défis de la vie ».

Beau programme 🙂

Quelques réactions des participant(e)s (merci !) :

Feedbacks

Le support de la conférence

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